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LA CHUTE


de Chantal duPont


Le risque du mouvement est donc la chute, qui, du saut à l’effondrement, exprime en une palette infinie de figures, les divers états du corps physique et mental.

PARFAIT, Françoise, Vidéo, un art contemporain, Paris, éditions Du Regard, 2007.



Qui n’est pas tombé à un moment ou l’autre de sa vie, dans des situations imprévisibles, de vulnérabilité et de perte de contrôle de son corps ? Ça se passe si vite. Suite à une chute, vous êtes-vous déjà dit que vous étiez dans votre tête… que vous ne l’aviez pas vu venir… que vous étiez pressé… que vous étiez dans la lune ou dans votre bulle… que vous n’aviez pas les bons souliers…

Si vous avez une chute banale ou cocasse à raconter, vous pouvez participer à l'oeuvre WEB http://www.la-chute.com. Ce site est un prolongement de l’installation audio et vidéo LA CHUTE de Chantal duPont. Le contenu porte sur la mémoire du corps confronté à l’expérience de la chute.

Cette installation fut exposée à l’Agora Hydro-Québec, Hexagram/UQAM du 26 avril au 5 mai 2012, dans le cadre de la Biennale Internationale d’Art Numérique créée par l'ACREQ/ELEKTRA.

Annie, la bicyclette
et le muguet





Annie

43 ans au moment de l’incident


Sur la rue

Seule

Balade en bicyclette





C’était dans le jardin de mon ancienne maison, puis je ne savais pas ce qui m’attendait dans le nouveau jardin. Je ne voulais pas laisser le muguet que j’avais tant aimé pendant quinze ans aux nouveaux occupants.

J’étais sûr que mon prochain jardin ne serait jamais aussi beau que l’ancien, donc j’ai ramassé mon muguet… C’était mon muguet. Je n’avais pas le cœur léger quand je l’ai cueilli. Une fois fait, une fois dans le panier, j’étais très contente, j’étais bien fière de mon coup.

J’ai ouvert la grille de métal pour sortir. Elle est rouillée et fait du bruit. Sur ma bicyclette, il y a une clochette qui est défectueuse, elle ne marche pas, mais elle sonne à chaque bosse. Alors quand je roule elle fait toujours Kegling! Kegling! Mon panier est tout branlant... Quand je me promène, je n’ai pas besoin d’aviser, je fais du bruit. J’étais à un stop, à une intersection devant une école et un parc. Comme c’était la fin de la journée des classes… il y avait des enfants, des autobus scolaires puis des gens qui promenaient leur chien, tout le monde était là… Voilà, je suis tombée dans un nid de poule, la bicyclette est tombée dans le nid de poule et moi, je suis passée par-dessus… avec le muguet... un nuage de muguets que j’ai traversé.

Alors, je ne faisais pas attention à ce que je faisais, puis un moment d’inattention totale. J’étais vraiment dans ma tête… Je pensais à la période que j’étais entrain de laisser derrière moi et la nouvelle qui s’en venait… J’étais rêveuse…

Chute banale en vélo





Hubert

20 ans au moment de l’incident


Dans un Parc

Seul

Roulant en vélo





Inquiet, j’écris un courriel à Camille et aussi aux gens du voyage du projet pour leur dire, ¨écoutez, il s’est passé quelque chose… Camille s’il te plaît peux-tu nous répondre et nous dire que tu vas bien…". Puis mon père m’a rappelé environ une demi-heure plus tard, le médecin en question lui a dit qu’il ne rentrait pas parce que sa fille venait de se faire frapper mortellement par une auto sur Papineau.

… mourir à vingt ans, du moins voir une personne qui meure à vingt ans, ça frappe là…

Le soir même, spontanément comme ça, l’équipe du stage d’études qu’on avait fait ensemble s’est rassemblée en hommage à Camille. Je pense que c’est ce que les gens font à ce moment là...

C’était vraiment une soirée… qu’on aimerait mieux ne pas avoir, mais en même temps, on est content de ne pas la passer tout seul. C’est en revenant de cette soirée là que j’ai fait la chute. Ce qui est particulier, c’est que s’est une chute en vélo somme toute banale mais que le côté psychologique lui donne de l’importance…

Je reprenais le même trajet que d’habitude pour m’en retourner chez nous. J’étais tout près tout près, à une minute même pas, il fallait que je traverse un parc… trajet habituel… il fallait que je traverse un sentier de gravelle lequel à un moment donné faisait une pente… prendre la même courbe que d’habitude pour reprendre la rue c’était facile… mais cette journée-là j’allais pas si vite, je sais même pas ce qui s’est passé dans le fond. Cette journée là, j’ai vraiment bien dérapé, en gros c’est que j’ai trop pris ou pas pris la courbe ce qui fait que mon vélo a complètement dérapé et je me suis retrouvé à terre… poigné dans mon vélo… C’était vraiment une espèce de gros dérapage qui m’a emmené au sol.… De toutes les chutes que j’ai faites en vélo, c’est la moins dangereuse mais c’est celle qui m’a le plus donné l’impression de me rapprocher de la mort… C’est un peu spécial.

Élodie et la balançoire





Élodie

6 ans au moment de l’incident


Dans le jardin de la maison

Avec mes amis et mes parents

Me balancer





En fait, c’était pour notre anniversaire, à mon frère et moi… on avait invité des amis donc c’était une ambiance de fête d’enfants. Il y avait comme un auvent, le toit de la maison descendait, puis y avait une poutre et là, on y avait accroché une balançoire qui donnait finalement sur le jardin.

On faisait de la balançoire à tour de rôle… le but c’était celui qui allait essayer d’aller le plus haut possible, puis bien lancer les pieds en l’air… En fait quand ça a été mon tour, j’ai été bien, bien haut et les attaches de la balançoire on lâchées. Je me suis retrouvée projetée dans les airs, puis là je suis retombée parterre. À cette époque là, mon père avait commencé à creuser une piscine pour nous à la maison… donc en fait ce n’était pas du tout terminé et puis je me suis trouvée la face la première dans tous les gravats de la piscine dans le fond… Je me suis rien cassée… je ne me suis pas blessée plus que ça… mais c’est plutôt le choc de la balançoire qui se décroche tout d’un coup… et le fait que je tombe finalement… Au début, j’étais vraiment assommée et puis après, là je me suis mise à avoir peur et puis à pleurer…

J’ai à peine eu le temps de comprendre que ça s’était décroché que j’étais déjà parterre… donc j’ai rien senti… Je pense que j’ai eu un peu peur quand ça s’est décroché mais d’un côté… s’est cool… j’ai eu l’impression de voler un peu… mais je veux dire c’est vraiment une fraction de seconde parce que tout de suite après on est parterre.

Annabelle à la mer





Annabelle

25 ans au moment de l’incident


Au bord de la mer

Avec mon amoureux

Promenade au bord de la mer





Je me promenais au bord de la mer avec mon amoureux, on est en voyage… c’est un bord de mer rocheux… avec des roches poreuses, alors la mer à la marée haute crée comme de petits cratères… et des plus gros qui forment comme des petits bassins… avec des petits poissons… et il y en a des plus petits aussi… Je me promenais avec mon copain, moi je ramassais des coquillages et lui était beaucoup plus loin… parce que c’est une activité plus de filles de ramasser des coquillages…

Alors, je ramassais des coquillages dans les petits bassins... et comme à la marée haute, la mer monte, la roche est un petit peu plus glissante… mon copain lui était un peu plus loin. J’avais donc dans une main ma collecte et dans l’autre main j’avais ma caméra après mon poignet… J’avais tellement de choses à regarder… je ne m’attardais pas au sol… et tout d’un coup j’ai glissé sur les roches et je suis tombée dans un trou… dans un petit cratère... les fesses dans un trou… Tout ce que j’ai pensé c’est de sauver ma collecte de coquillages d’abord et ma caméra… En fait en tombant, j’avais fait sortir à peu près tout l’eau qui était dans le trou…

J’ai pas eu peur… mais c’est plus le fait que j’étais dans le trou avec l’eau, les coquillages en dessous avec des petits poissons… Ça m’embêtait un peu. J’avais hâte de sortir de cette situation.

Christian dans la cour d’école





Christian

11 ans, au moment de l’incident


Dans la cour d’école

Seul

Allant rejoindre les amis dans la cour





C’était à la récréation, je ne sais pour quelle raison mais j’étais un peu en retard… j’allais rejoindre mes amis qui jouaient au ballon au fond de la cour. De la façon dont la cour était faite, il y a une petite dénivellation, on est surélevé, et il y a une petite pente pour rejoindre la cour. Au printemps, il y a toujours une accumulation d’eau à cause de la fonte de la neige dans le bas de la petite pente.

Je m’en viens en courant et j’ai quelque chose à dire aux gens qui jouaient au ballon... je ne sais pas quoi…et je crie littéralement "hey les gars…" pour attirer l’attention vers moi... ça marche et tout le monde se tourne vers moi. À ce moment, je suis sur le dessus de la dénivellation et je me barre les pieds dans ce qui peut être de l’herbe... je fais alors un vol plané jusqu’au milieu de la mare, dans l’eau devant toute la cour d’école au complet qui assistait à ce spectacle. Ça a été la honte, j’étais beaucoup gêné. Puis ensuite, la façon dont ca fonctionnait à l’école quand ce genre de chose arrivait, on ne vous renvoyait pas à la maison, on vous prêtait des vêtements, du vieux linge que l’école gardait. Alors on m’a tout simplement habillé avec tout du vieux linge pour toute la journée… avec un chandail beaucoup trop grand, des pantalons et des chaussures affreuses. J’ai dû porter les stigmates de cette chute toute la journée.

Je ne me souviens pas d’avoir eu mal ou d’être blessé… mais je me souviens clairement d’avoir eu honte… la douleur morale était plus grande que la douleur physique.

Chute nocturne





Denis

54 ans, au moment de l’incident


Chambre à coucher

La nuit

Seul

Se déplacer pour fermer la fenêtre





Tout s’est déroulée durant la nuit, je dormais, puis c’était une nuit super chaude alors toutes les fenêtres de la maison étaient grandes ouvertes pour faire mieux aérer et mieux dormir … jusqu’à un moment donné j’ai entendu la pluie, alors ça m’a réveillé… il y avait même du tonnerre et j’ai vu qu’il pleuvait et même les rideaux bougeaient... alors je me suis dit il faut que je ferme les fenêtres, ça n’a pas de bon sens parce que l’eau rentre… et c’est là que je me suis levé, je me suis précipité hors du lit et en marchant pour me rendre jusqu’à la fenêtre, mon pied s’est enroulé dans le drap qui était étendu parterre parce qu’il faisait trop chaud. À mon deuxième pas, mon orteil a basculé par en avant comme si quelqu’un m’avait enfargé… et moi je suis parti par en arrière de tout mon corps à terre… Et puis je me suis levé et j’avais de la misère à marcher… Alors je me suis précipité… j’ai fermé la première fenêtre et là, j’ai boité tout le long pour aller fermer les autres fenêtres.

C’est fâchant… tu te demandes qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter ça… rien parce que tu t’en vas vraiment à l’aveuglette et tu t’enfarges dans le drap. Je me voyais comme aspiré par le drap qui voulait me retenir… Aouch… et là je tombe…

Julie et la plaque
de glace





Julie

17 ans au moment de l’incident


Sur le coin d’une rue

Seule

Courant pour prendre l’autobus, les mains pleines





J’ai 17 ans, je suis en secondaire V, je termine l’école, il est 3 :15 pm. Je suis pressée, je dois aller prendre mon autobus, c’est l’hiver. Donc, j’ai mon manteau sur le dos mais à peine attaché, le foulard tout croche, les bottes semi-attachées, le gros sac-à-dos sur l’épaule, des trucs dans les mains aussi… alors je cours, je cours… C’est au centre-ville, donc il y a beaucoup de ruelles et moi, je dois aller à angle droit pour prendre l’autobus… sur le coin, il y a un énorme plaque de glace que je ne vois pas parce qu’il a neigé légèrement, donc elle bien cachée… donc, un grand classique… j’arrive en courant et fiou!!!! les deux pieds me partent, donc premier impact sur les fesses, deuxième impact sur le dos et les sacs et tout ça autour de moi, c’était magnifique…

Après, je ramasse tous les trucs… j’essaie de me relever… un peu difficile parce que la plaque de glace est quand même plus grande que là où j’étais tombée et ensuite je vais prendre l’autobus… à travers l’heure de pointe, et tout le monde m’avait vu tomber… un peu échaudée mais c’est comme ça que ça s’est passé.

Madeline
dans sa baignoire





Madeline

59 ans, au moment de l’incident


À la maison, dans la salle de bain

Seule

Entrain de prendre un bain





Il fait froid, c’est l’hiver. C’était l’année suivante de ma chute de tabouret. J’essaie de me faire couler un bain relaxant, moussant dans ma baignoire qui n’est pas très grande. Et puis bon, je procède au déshabillage. Je m’installe dans la baignoire… puis, c’est tout chaud, c’est plein de bulles… puis, c’est merveilleux. À un moment donné, bon, une fois toute ratatinée, il faut sortir… Voilà, je suis assise dans ma baignoire. C’est un petit bain ancien… et puis on m’avait dit que c’était merveilleux pour la peau. Alors, je suis assise… et puis, je veux me relever et je m’appuie comme ça… et là, je glisse et je retombe dans la baignoire… et je fais « haaa». Je me suis fait mal !

J’ai pas compris. Je me relève de la même façon… et je retombe dans la baignoire. Là, ça fait vraiment mal. Y a eu un geyser turquoise qui a volé jusqu’au plafond. J’ai pensé rapidement… j’aurais pu me noyer si je m’étais frappée la tête. Avec le pied droit, j’ai enlevé le bouchon. Je pense que j’ai eu de l’eau par dessus la tête.

Michèle et les chiens





Michèle

58 ans, au moment de l’incident


Dans l’escalier devant la maison

Seule

Revenant de chez la voisine avec un gâteau dans les mains





J’étais avec mes chiens, j’ai descendu l’escalier, c’est tellement pas loin chez Anne-Marie et Alain, j’ai marché, j’avais mes sandales… c’est pour ça que j’ai glissé d’ailleurs… J’ai tout simplement marché tranquillement avec mon assiette... non y avait pas d’assiette… je devais avoir ça dans un papier aluminium probablement, je suis allée mais je suis juste restée devant la maison… j’ai regardé, ça bougeait pas, j’entendais rien, y avait rien… puis je suis revenue avec mes chiens.

En montant l’escalier les chiens étaient à côté de moi et en mettant le pied droit sur la marche, ma semelle a glissé alors je suis partie sur le dos et au lieu de me rattraper en reculant mon pied, mais j’avais un chien derrière moi, alors j’ai senti que je ne pouvais pas y échapper… j’ai décidé de protéger cette jambe là qui avait déjà été cassée et je suis tombée en retenant un peu cette jambe là et c’est le tendon du pied gauche qui a frappé l’angle de la marche… paf! comme ça et là j’ai bondi… j’ai revolé peut-être à 15 pieds de cet endroit là… je me suis ramassée couchée sur le côté dans le talus, dans une espèce de plate-bande et puis j’étais pas étourdie mais j’avais une douleur aigüe au pied, et là ma première idée ça a été, ‘vraiment je me suis fait un rrrobobo’, je ne sais pas pourquoi, c’était juste ça que je me disais dans ma tête.

Michelle glisse
dans l’escalier





Michelle

58 ans, au moment de l’incident


À l’extérieur de la maison

Seule

Entrain de descendre l’escalier





Ça me prend quand même 15 minutes pour aller au centre ville. Je n’étais pas sûre d’arriver à temps. Alors, j’ai couru avec mon porte-document. Je ne l’ai même pas fermé. J’ai mis des bottes de toile… Je me suis jetée dans mon escalier… puis j’ai glissé… c’est arrivé dans les marches… J’ai huit marches ici. J’ai glissé sur le dos… plum… plum… plum… d’une marche à l’autre. Et puis là, tout mon porte-document s’est ouvert avec toutes les feuilles éparpillées dans les marches. C’était des papiers importants donc je me suis traînée à plat ventre pour les ramasser… et puis je me suis dit je ne dois rien avoir de casser puisque je me traîne…

Là, j’ai rampé jusqu’en haut de l’escalier pour ramasser mes papiers partout. J’ai réussi ça, mais je pense que j’avais un choc plus grand qu’un mal. J’ai eu un énorme choc.

Paule dans la rue
St-Christophe





Paule

59 ans, au moment de l’incident


Sur la rue St-Christophe

Seule

Marchant d’un bon pas





J’avais un rendez-vous pour une mammographie et donc je m’en vais à pied à ce rendez-vous, c’est au printemps, au mois de mai… Je marche sur la rue la rue St-Christophe qui est parallèle à la rue St-Hubert, c’est un peu comme une ruelle, donc très résidentielle, très tranquille, et il y a une dame qui marche devant moi avec un bébé dans un carrosse. Je marche d’un pas allègre… comme si j’étais pressée… pourtant je ne suis pas en retard pour mon rendez-vous… et j’ai des chaussures de printemps un peu genre loaffer… c’est pas un soulier lassé, donc, à un moment donné j’arrive presqu’au coin de la rue St-Christophe et la rue Roy quand tout à coup, je pense que c’est peut-être une petite roche que j’ai frappée… mais le pied, j’ai les chevilles fragiles et donc la cheville de ma jambe droite a lâchée et tout a lâché… et je sais pas pourquoi… je regardais la femme en avant de moi et les pieds m’ont partis et là je me suis retrouvée bang parterre. Mes pieds ont vraiment partis et je suis tombée sur le côté.

Je pense que j’ai dit « Oh! Boy »!!! … là, je me suis dit bon bien, j’ai pas des bonnes chaussures pour marcher vite.

La chute par
en arrière





André

21 ans, au moment de l’incident


Dans un village au Portugal en face de l’hôtel

La nuit

Avec mon frère, son ami et un ami de voyage

Bavarder appuyé sur une clôture de bois (travaux de construction)





J’avais une vingtaine d’année et c’était mon premier voyage en Europe. J’étais avec mon frère et un ami de mon frère, dans un petit village au Portugal, en Algarve… et puis le soir, on se donne rendez-vous pour aller prendre un pot, manger au restaurant et continuer les discussions. La soirée se déroule très bien… et on boit beaucoup. Arrive la fin de la soirée et là on essaie de se séparer mais on hésite… est-ce qu’on va prendre une autre bière… et on était vraiment transporté par la magie de ce petit village portugais… et on s’est présenté devant notre porte de chambre d’hôtel. Il y avait un chantier de construction avec des clôtures de bois. Pour prolonger nos derniers `au revoir`, on décide de prendre une dernière cigarette et puis jaser devant la porte et puis j’étais avec mon copain suédois et on s’est mis les fesses sur la clôture de bois devant mon frère et son ami qui étaient devant. Donc, on s’est mis les fesses là-dessus, on était bien confortable, on rigolait… on rigolait et tout d’un coup… oups! Toute la nuit est apparu et on a déboulé en bas de la fosse qui était à une douzaine de pieds de profondeur… c’était une excavation…et puis j’ai senti la clôture de bois me frapper la tête… mais j’étais tellement soul que j’ai déboulé désarticulé que j’ai rien eu, ni lui ni moi on avait aucune blessure… Rien…

Après, ça a été le choc de la réalité, puis on a bien rigolé et puis on a regardé aussi la situation dans laquelle on était … comme quoi on aurait pu être dans un très mauvais pétrin (rire) , parce que c’était dangereux, la grosse planche, c’était un gros « beam » de à peu près 9 pieds qui nous est tombé sur la tête… qui a tout déboulé avec nous autres… on était couvert de poussière, on était bien crampé et on est allé prendre une autre bière après. C’était la première fois que je tombais par en arrière… c’est un étrange sentiment…

On a pas eu peur, c’était juste le vertige, on était tellement soul aussi, c’est drôle c’était pas épeurant, c’était plus enivrant, sur les derniers oups!! , y a pas eu de crac, on s’est assis tranquillement puis ça tout basculé et on a perdu le contrôle tous les deux. Y a pas de peur en tant que tel, c’est comme quand tu te fais roulé par une vague…

Isabelle tombe
d’une poutre





Isabelle

8 ans au moment de l’incident


Dans un parc

Jouant avec des amis(es)

Taquiner le copain de son amie





Il y avait un parc tout près de chez moi dans lequel j’allais jouer tous les jours après l’école… J’étais là avec mon amie Tania et y avait un autre garçon de notre classe qui était là et je savais que ce gars-là étais amoureux de Tania. On jouait, je ne me souviens plus exactement ce qu’on faisait, on se courait et j’ai commencé à l’agacer, j’ai commencé à dire Steven love Tania… Steven love Tania… Steven love Tania… puis là, il a commencé à me courir après.

C’était vraiment une poursuite dans le parc… puis un moment donné, ça s’est comme intensifié… je suis devenue encore plus baveuse… Puis là, on s’est retrouvé tous les deux sur le muret et il m’a dit… si t’arrêtes pas... je te jette en bas… et j’ai continué… puis on a commencé à se battre sur le muret… puis le chalet avait un toit avec une sorte de prolongement hors de la bâtisse... il y avait une poutre en bois qui partait du muret pour aller jusqu’au pointu du toit.

Un moment donné, il m’a poussée et je me suis retrouvée agrippée après la poutre qui était encore plus haute que cinq pieds… et même agrippée là comme un espèce de koala, je continuais à l’écoeurer et puis à la fin, il m’a tiré les doigts et je suis tombée d’à peu près 5 à 6 pieds de haut parterre… je suis tombée sur mon épaule… et ça a fait vraiment très, très mal…

Karine à la tag





Karine

7 ou 8 ans, au moment de l’incident


Dans le stationnement du Centre communautaire

Avec un groupe d’amis de 7 à 10 ans

On jouait à la tag





On venait de passer notre examen de karaté, les enfants passaient d’abord et c’était au tour des parents. Alors nous, on est allé jouer dehors, on jouait à la tag, on était 6-7 enfants de 7 à 10 ans et on se bousculait…

Ce qu’on avait ajouté à la version de la tag, c’est qu`on pouvait monter dans la boîte du pickup de mon père… ça ne nous protégeait pas, c’était seulement un élément de plus dans le jeu... C’était plus difficile de toucher pour la tag, mais quand la tag décidait de monter dans la boîte, c’était un peu dangereux de se faire toucher si on ne pouvait pas descendre à temps. Alors ce qui est arrivé, évidemment, c’est que j’étais dans la boîte et la tag est arrivée, les autres ont sauté avant moi, il était vraiment temps pour moi de sauter de la boîte, sinon j’allais me faire toucher et je ne sais pas vraiment comment j’ai fait ça, mais mon pied s’est accroché sur le bord de la boîte, je ne l’ai pas levé assez haut. Ce qui fait que, au lieu de tomber sur mes jambes en sautant, ben, je suis tombée comme ça…la tête la première…

Je pense que la peur a été très courte, juste au moment où j’ai senti mon pied accroché, j’ai senti que j’allais tomber… quelques secondes… juste le temps de réaliser que je tombais, j’étais déjà à terre… Je voyais embrouillé… j’étais comme un peu sonnée.

Madeline au bureau





Madeline

61 ans, au moment de l’incident


Dans mon bureau

Seule

À la recherche de dictionnaires spécialisés pour un travail de traduction





Je suis à l’ordinateur, je suis entrain de travailler sur une traduction et dans les banques de données. Je ne trouve pas les mots que je veux… alors je dois aller chercher des dictionnaires qui sont là haut au-dessus de moi, c’est dans un classeur au-dessus de moi… mais sur le dessus… Je me lève… je pousse ma chaise avec les jambes… Évidemment comme je suis petite… et que c’est un petit peu haut, je monte sur la pointe des pieds… je glisse cet espèce de couvercle et là, je prends les deux dictionnaires qui sont lourds, mais je suis déjà un peu en déséquilibre, parce que en coulissant cet espèce de porte… les dictionnaires sont presque tombés sur moi… alors je les retiens pour ne pas les laisser tomber parterre parce que ce sont des dictionnaires quand même…et je me recule un peu en perte d’équilibre, je recule, recule... mais je ne me rends pas compte que je pousse en même temps la chaise, alors je me rassois… et je m’assois à terre….

La roulette de la patte de la chaise a cassé… Les dictionnaires je les ai laissés tomber…

Comme je chute souvent… je me suis dit… Bon, avant je me disais que j’étais malhabile, mais là, j’ai dit une autre fois…. Rien de plus… je me suis dit que je devrais être plus vigilante la prochaine fois.

Michèle et la moufette





Michèle

50 ans, au moment de l’incident


Dans le garage

Le soir

Seule

Fermer la porte du garage (fâchée)





C’était le soir… puis là tout à coup j’ai senti une odeur de moufette dehors puis là, j’ai regardé par l’escalier puis j’ai vu que ma porte de garage n’était pas fermée. Alors, j’ai passé par l’intérieur, je suis descendue par le sous-sol et puis là, j’arrive à bon pas dans le garage, je gueule contre les enfants… pas moyen de fermer la porte… c’est dangereux, tout à coup qu’une moufette est rentrée. Puis là j’entends… Crunch, crunch!!!... j’ouvre la lumière, qu’est-ce que je vois t’y pas ... une moufette … en plus, elle me regardait, elle commençait à pivoter avec la queue droite… je l’ai vue et j’ai dit « Oh! Pardon!... excusez…» puis j’e me suis mise à reculer. Il y avait dans le chemin une brouette d’enfant et je me suis enfargée et je me retrouve assise dedans le cul par-dessus tête, j’ai basculé de l’autre côté. Je ne suis pas fait mal, je ne sais pas comment j’ai fait pour me relever mais j’ai l’impression que j’ai vraiment fait une pirouette, cinq pieds et puis j’ai continué en reculant de me diriger vers la sortie et j’arrêtais pas de m’excuser… excusez… excusez…

… j’avais juste une idée, c’était de ne pas déranger la moufette, je ne voulais pas qu’elle pisse, j’imaginais l’odeur qui se serait répandue dans notre maison, tu t’imagines toi qu’ une moufette pisse dans ton garage… au-dessus de la chambre des enfants… en tout cas, j’ai dû faire la plus belle pirouette de ma vie.

Nelly dans le stationnement





Nelly

49 ans, au moment de l’incident


Montréal, cours d’école

Seule

Je venais de sortir de mon cours; je travaillais comme professeur dans un COFI.





Je travaillais aussi à Hydro-Québec le jour et on m’a appelée pour donner un cours le soir… donc j’ai hésité… et finalement j’ai accepté... le cours se donnait à 7 :00 du soir jusqu’à 9 :00… j’ai dit oui, mais c’était contre ma volonté… c’est un problème, je ne sais pas dire non…

J’étais pressée. J’allais rapidement. Je descends l’escalier, je continue. C’est tout de très longs couloirs… c’est un méga COFI… que maintenant on n’utilise plus. Moi, je suis sortie. Il y avait d’autres classes qui finissaient… des voix qui parlaient un peu… et puis après le bruit des pas, des pas rapides. J’allais vite. Et puis, après avoir descendu l’escalier très rapidement, jusqu’à la porte… je dis, bonjour, bonjour, très, très bien… je sors, je fais quatre, cinq pas et là, joump, je tombe. Il faisait froid… je marchais vite… j’étais stressée… je voulais rentrer chez moi… j’allais à ma voiture.

Il y avait une accumulation d’eau, peut-être qu’il avait plu et une flaque de glace s’était formée à cause du froid. Ça été vraiment impossible de pouloir maîtriser quoique ce soit. Il y avait de la neige et on m’a expliqué qu’il y avait de la glace noire… Je ne sais pas… après tellement d’années que je suis là... je n’avais jamais expérimenté ça… Il faut dire que j’avais des souliers qui n’étaient pas appropriés, la semelle n’était pas caoutchoutée…

Je me sentais en déséquilibre... je me sentais très, très fragile... je voyais ma vie toute pleine de problèmes. J’étais malheureuse.

Élisabeth dans la cage d’escalier





Élisabeth

59 ans, moment de l’incident


À la maison, dans la cage d’escalier

Samedi matin

Seule

J’allais faire des courses





Il faut dire que je suis une spécialiste de la chute, je suis toujours tombée dans ma vie… je suis très distraite probablement. S’il y a un nid de poule, s’il y a un creux, s’il y a une marche, s’il y a quoique ce soit, vous pouvez être sûrs que je vais me casser le nez dedans. Tellement que quand j’étais petite, j’avais des croutes aux genoux, mais qui n’avaient jamais le temps de guérir et de partir… La croute commençait à sécher que déjà je retombais.

C’était dans ma cage d’escalier ici. C’est un samedi matin… J’étais encore coquette… un peu plus jeune, non pas moins vieille… plus jeune que je ne suis… et un samedi matin, je sors avec mes petits talons… tic… tic… tic… Je vais acheter de la bouffe parce que j’avais des amis qui venaient souper à la maison alors j’imaginais le menu, ce que j’allais acheter… Je crois, que j’ai glissé… en fait un talon s’est accroché sur la tige en métal. Il y a des tiges en métal à chaque marche pour qu’on ne glisse pas. Ah! Moi, c’est le contraire. Alors, j’ai dû accrocher le talon… j’ai évidemment essayé de me replacer, de contrôler mes pattes et mes bras… y a pas eu moyen… j’ai été renvoyée du mur à la rampe d’escalier… sans aucun contrôle sur mes pieds, sur mes jambes. Ouf!!! Mais là, y a plus rien qui fonctionne, y a plus rien qui marche parce que je suis incapable de m’arrêter, alors j’ai déboulé jusqu’en bas, jusqu’à l’entrée de cette manière et j’ai pas lâché les clefs que j’avais à la main, j’ai entendu quelque chose tombée et je me suis dit ça y est, j’ai cassé mes lunettes…

Patrick et Uber





Patrick

63 ans, au moment de l’incident


Sur le trottoir en face de la maison de Danièle

Matinée

Avec le chien attaché à sa longue laisse

Préparer la voiture pour aller chercher du bois de foyer





Avant la chute j’étais dans un état très heureux parce que je vidais la voiture d’un tas de bottes, de manteaux et toutes sortes de choses qui étaient restées là depuis des mois et des mois parce qu’on allait chez une amie chercher du bois ce jour-là. Tout en vidant mon coffre d’auto et ramenant les objets dans la maison… en passant, je jouais avec Uber attaché à sa grande laisse. Il était très excité et moi, j’étais rêveur. En remontant, il s’est enroulé autour de mes jambes et je suis tombé sur le gazon. Comme il y a une petite butte et que le trottoir est juste après, je suis tombé les deux genoux sur le ciment et ensuite les deux mains.

C’était comme un autre état de conscience, en fait, pendant une minute j’y croyais pas… Mais c’est peut-être mon cas… je crois pas à grand chose. Puis, quand j’ai réalisé que mes genoux touchaient le sol, oui là, j’en ai pris conscience… mais avant ça, pendant quelques secondes, je volais…

Physiquement, ça me rappelait un état de choc que j’avais déjà eu quelque part dans ma vie. Le moment où on voit la « reine de la nuit ».

Robert et Émilie
à la fruiterie





Robert

30 ans, au moment de l’incident


Sur la rue Mont-Royal

Fin d’après-midi

Avec ma fille de 2 ans

Faire des courses





Émilie devait avoir 2 ans, donc je devais avoir peut-être 30 ans. Nous étions sur la rue Mont-Royal, près de la rue Mentana dans une fruiterie, j’étais allé chercher des fruits et des légumes. C’était au printemps, début du printemps, il y avait encore de la glace sur le trottoir, puis Émilie était fatiguée de marcher, donc j’ai décidé de la prendre sur mes épaules… Je suis sorti du magasin de fruits et j’ai mis Émilie sur mes épaules et on est parti en direction de la maison… Là, j’ai glissé sur une plaque de glace et je suis tombé sur le côté pas tout à fait sur le dos et Émilie ne s’est pas blessée.

Au moment de la chute, je n’ai rien senti... j’ai dû me contorsionner beaucoup parce que je voulais protéger Émilie et en même temps je voulais me protéger aussi… tout mon corps était comme en torsion.

J’avais le sentiment de ne pas être un bon père, en public en plus… tu te retrouves dans une situation où tout le monde constate ton incompétence… j’avais un sentiment de honte…

Une chute aux chutes





Sélim

69 ans au moment de l’incident


Dans un parc aux Chutes du Canal Lachine

Avant-midi

Avec des camarades de classe

Aller pêcher





C’était au printemps. Il faisait beau, juste un peu frais, c’était vers huit heure du matin… on était quatre copains de classe avec nos canes à pêche... étant convaincus qu’on allait rien pêcher mais c’était pas grave… c’était la promenade, la rencontre entre copains…

Alors ce jour-là, on est arrivé au Parc aux chutes le long du Canal Lachine, on est allé à un endroit au bout de l’île… personne n’a rien attrapé comme d’habitude… on a voulu se déplacer pour aller dans un endroit plus en retrait… on était sur le talus … qui est le chemin pour descendre vers l’eau. Y a une petite pente recouverte de roches et sur les côtés elles sont plus comme des petits galets… alors ça fait comme un roulement à billes… si tu fais pas attention… si tu sécurises pas bien ton pied, tu pars… J’ai voulu descendre et comme j’ai un genou qui est un peu plus faible… à cause d’une blessure que j’ai depuis l’âge de 18 ans, je suis descendu et j’ai fait mon premier pas avec la jambe droite, mon pied a flanché… j’ai commencé à glisser, et j’ai voulu me rattraper mais le genou a flanché. Alors j’ai fait une flexion exagérée de mon genou qui a comme parti le bal de la douleur, je me suis effouaré à terre bien gentiment mais ça s’est bien terminé parce que je ne suis pas tombé dans l’eau... je me suis arrêté un p’tit peu avant mais j’ai senti un craquement sinistre à l’intérieur de mon genou…

Steeve en tournage





Steeve

33 ans, au moment de l’incident


En forêt

Après-midi

Avec 4 autres personnes impliquées

Tournage d’une poursuite à reculons





Alors, je suis en tournage en forêt pour un court métrage. Il y a une femme qui est poursuivie par quelqu’un qui la pourchasse. Alors, je tourne la jeune femme de face… donc je suis devant elle, elle court vers la caméra, mais la caméra recule en même temps. La caméra est sur une femme qui coure et se sauve apeurée. Alors moi, je suis devant elle et je recule… et comme il y a des arbres partout autour de moi, pour s’assurer que je ne vais pas trébucher ou foncer sur un arbre en tournant à reculons, y a un des comédiens qui est derrière moi… qui coure derrière moi en mettant sa main dans mon dos et en regardant un peu où il s’en va…

On fait la scène, une fois, deux fois, trois fois… tout va très bien mais on veut la faire un petit mieux. Alors on la fait une dernière fois et arrive ce qui ne devrait pas arriver normalement, je trébuche sur une racine. Alors je tombe à reculons et le comédien derrière moi me saisit… amortit ma chute… Il est devenu comme une espèce de pieuvre… il m’a soulevé de terre et j’ai comme tombé au ralenti sur le dos, sans jamais vraiment touché le sol. Lui est tombé à reculons lentement sur le dos et il m’a soutenu comme ça tout le long, alors j’ai comme glissé sur lui puis je suis tombé à terre sur le côté avec la caméra. Il y a personne qui a été blessée… juste un p’tit peu sale…

Hypoglycémie surprise





Karine

16 ans au moment de l’incident


Aux résidences du CEGEP, dans la chambre d’un ami

Après-midi

Avec 4 personnes

Soirée intime entre amis





J’étais aux Résidences du CEGEP de La Pocatière avec mon frère et deux amis, on était dans la chambre de Ralph… c’était le soir, on était là tous les quatre, on s’amusait… J’étais assise parterre sur une petite boîte… dans un coin… là je me sentais bizarre, mais je ne savais pas à quoi c’était dû… il y avait plusieurs possibilités, mais dans ma tête, je n’étais pas en hypoglycémie… ça ne ressemblait pas à l’hypoglycémie que je connaissais… donc je me suis dit que c’était parce que j’avais fumé et que j’étais dans une chambre trop petite.

Alors on a décidé de partir, mon frère et moi… je suis sortie en premier, et dans le couloir, il y avait la lumière très forte… et moi je ne voyais plus rien… j’avais des flash de lumière… comme des grosses étoiles… debout je me sentais encore plus mal alors là, j’ai réalisé que j’étais en hypoglycémie, donc j’ai sorti de ma poche des paquets de sucre exprès pour ça, et là, j’ai commencé à manger… et là juste le temps de me tourner vers mon frère qui venait de sortir et de lui dire… je ne me sens vraiment pas bien… j’étais face à lui et là mon genou a lâché, donc je suis tombée d’un côté, ma tête s’est frappée contre le mur de l’autre côté et je suis tombée le long de ce mur là sur le dos, les jambes pliées derrière moi... dans une position vraiment pas naturelle…

C’est fou, je me souviens de ce qui s’est passé dans ma tête pendant que je tombais dans les pommes à ce moment là. J’avais l’impression d’être en voiture et je voyais défiler les lampadaires comme sur une autoroute à une très grande vitesse, puis je sentais que j’étais prise en dessous du siège de la voiture… et j’essayais de me déprendre… ça allait vraiment vite et je voyais les lumières qui défilaient… et là je me réveille… et je réalise que je suis dans le couloir…

Jocelyne





Jocelyne

45 ans au moment de l’incident


Dans ma maison de St.-Jacques-le-Mineur

Le matin

Seule

Je marchais dans la maison, tout simplement





Nous venions, mon compagnon et moi, d'adopter un jeune chien, un bouvier-bernois, nommé Furka. Comme le mignon petit chien n'était pas encore propre, nous avions limité son aire de circulation en plaçant une planche qui l'empêchait de sortir de cette pièce. Mais, va savoir pourquoi (peut-être parce que cette planche était placée a hauteur de petit chien), j'ai complètement oublié cet obstacle que j'ai heurté violemment ce qui m'a fait faire un vol plané avec atterrissage hyper douloureux au sol. Je suis demeurée prostrée par terre en douleur un long moment avant de pouvoir me relever. Long moment pendant lequel j'entendais -j'entends encore- la voix de Robert demandant encore et encore: Jojo, est-ce que ça va? J'avais si mal que je ne voulais plus bouger. Le chiot me léchait la main pendant que j'étais sans voix!

Richard





Richard

13 ans au moment de l’incident


Terrebonne

Fin de journée

Seul

Bicyclette





J'étais en vélo et je regardais une fille qui m'intéressait....
et j'ai foncé dans un poteau de signalisation et je suis tombé.
J'étais gêné et mon orgueil en a pris un coup.

Denis





Denis

28 ou 29 ans au moment de l’incident


Maison familiale

En fin d'après-midi ou début d'après-midi

Seul

Aucune. Sinon, descente d'un escalier.





Je suis toujours rapide dans mes mouvements. La maison familiale avait subi de grosses réparations. Nous avions un nouvel escalier fait de bois solide, avec un angle de 90 degrés. Les marches, vernies, étaient très glissantes. Je ne portais que des chaussettes. Alors que j'amorçais l'angle de 90 degrés (il y avait encore 6 marches devant moi), mes deux pieds ont dérapé en même temps. Tout s'est passé très vite. La rampe d'escalier n'était pas encore installée, je n'avais que le mur comme appui. Je me souviens encore de ma surprise et de ma peur, cherchant à agripper quelque chose. Ce qui est marrant, c'est que j'ai glissé sur le dos, les jambes écartées, les bras battants, jusqu'au plancher de bois franc. Au moment de mon atterrissage, soit sur le derrière, les jambes écartées et allongé sur les dernières marches, j'ai agrippé par réflexe ce que j'avais sous la main, soit le store de la fenêtre, fabriqué de lattes verticales. Trois lattes ont été arrachées dans un boucan d'enfer. Mon père, assis tout près dans une berceuse a sursauté et ma mère, occupée au comptoir de cuisine, a hurlé un «Ô mon Dieu Seigneur!» Étrangement, je n'avais rien, aucune égratignure, aucun bleu. Nous nous sommes mis à rire tous les trois. C'est alors que mon père a dit à ma mère: «Je te l'avais dit que quelqu'un finirait par se tuer dans ces marches».

Francine





Francine

64 ans au moment de l’incident


Montréal, boul. Maisonneuve

Après-midi

Accompagnée

Manifestation lors de la dernière grève des professeurs de l'UQAM





Lors d'une manifestation des profs de l'UQAM alors en grève, je tenais solidement ma pancarte. Un coup de vent est survenu et l'a déstabilisée . J'ai tenté de la redresser en la regardant. Au même moment je mettais le pied dans un nid de poule et je suis tombée. La douleur ne s'est pas fait sentir tout de suite. Je me suis relevée et poursuivis ardemment la manifestation. Le lendemain j'étais à l'urgence et j'ai dû passer plusieurs jours à la maison.

Luc





Luc

49 ans au moment de l’incident


Piste cyclable sur Clark

Fin de l'après-midi

Seul

Je me déplace en vélo





Je sors d'une intervention théâtrale qui s'était très bien déroulée avec un groupe d'acteurs non-professionnels que j'accompagnais. J'accepte de laisser ma sacoche de vélo et sac a dos dans la camionnette que mes collègue ramène a notre espace de production. J'enfourche mon vélo.Mets ma cagoule, mon casque. Je me sens léger et libre comme l'air rentre dans un mode de balade plutôt que de déplacement dirigé sur la destination. Dans une ligne droite de la piste cyclable balisée par de loyaux poteaux verts, une résidence nouvellement rénovée attire mon regard. Les deux lampes de la fenêtre du haut de l'intrigant immeuble m'interpellent. Je ne reconnais pas le fournisseur de ces lampes... Soudainement, involontairement mon regard se détourne de sa cible. Je comprends que la poignée droite de mon guidon s'est arretée d'avancer. Mon corps l! ui, poursuit sa lancée vers l'avant puis a gauche. Je dois me protéger de ce qui va surement arriver. Je ne sais pas quoi. Je lâche tout pour mettre mes mains devant. Ça bascule. Un certain vide se passe. Je n'ai plus d'intention que de me protéger de ce qui viendra. Les paumes de mes mains brulent. Les coudes puis la hanche gauche prennent le choc du bitume. J'ouvre les yeux, je me vois au sol. La voie des propriétaire de l'immeuble m'interpellent. Es-tu correcte? En me relevant, je regarde mes mains. Celle de droite, le vélo, le guidon crochi... C't'idée aussi de faire une aussi belle maison! de leur répondre. Leur rire mêlé a leur gêne et leur malaise de ma chute me touche. Je suis encore en performance. The show must go on. Une affaire d'égo j'imagine. D'humilité aussi. Je n'ai pas a m'appitoyer sur mon sort après une aussi petite chute. Si tu veux j'ai des outils pour redresser ton vélo!... Non non regarde. Je renfourche, redresse et repars. La proc! haine fois je vais marcher cette partie-ci! Je les quitte, eu! x, somme toute discrètement fiers de leur oeuvre. Moi, sans avoir crié ni ma douleur ni ma peur, je repars le corps crochi. C'est une semaine plus tard que j'ai compris.

Suzanne





Suzanne

72 ans au moment de l’incident


Montagnes des Dolomites, Italie

Après-midi

Accompagnée

Excursion pédestre





Le circuit du Pasubio en Italie compte 52 galeries (tunnels) creusées dans la montagne pour permettre aux armées italiennes de la guerre de 1914 d'attaquer l'armée autrichienne. Je marche dans la galerie la plus longue et ma fichue de lampe de poche n'éclaire presque plus et soudain je glisse sur une plaque de glace, la seule dans tout le parcours. Personne ne rit parce que personne ne m'a vue mais ils m'ont entendu hurler et toutes les lampes de poche se sont tournées vers moi. Douleur aigüe au coude et à la cuisse gauche. Deux semaines plus tard, je dois faire des radio car ça fait mal... J'attends les résultats

Lucie





Lucie

L'été de mes 19 ans


L'Okanagan valley

Dans un arbre, je ramasse des cerises





Nathalie





Nathalie

47 ans au moment de l’incident


Chambly (Rive-Sud de Montréal)

Début d'après-midi

Seule

Rollerblade





En partance de Saint-Hubert, je m'étais rendue à Chambly par la piste cyclable faire une randonnée de deux heures en rollerblade par un bel après-midi d'été. En revenant de Chambly pour retourner chez moi, il me restait 9 kilomètres à faire, je me disais que c'était agréable de faire du rollerblade au soleil, et voilà que je trébuche au sol sur l'asphalte (j'étais en short et camisole avec seulement comme protection mon casque et mes gants qui ne couvrent pas les doigts mais seulement les poignets). En voulant me protéger, je suis tombée sur le genou droit et la main droite (jointures). Je n'avais aucun pansement, ni kleenex sur moi et mes jointures et genou droits saignaient. J'ai donc croisé 2 hommes qui m'ont offert des kleenex afin que je puisse terminer mes 9 kilomètres, que j'ai trouvé énormément longs je vous avoue. Finalement arrivée à ma voiture, j'ai pris un grand soupir de soulagement et me suis dit «Enfin, je suis arrivée».

Depuis cet incident, qui aurait pu être beaucoup plus grave, je suis restée craintive et j'ai laissé mes rollerblades de côté. Peut-être vais-je recommencer un jour, mais pour le moment je préfère refaire le trajet en bicyclette.

Voilà mon histoire!

Virginie





Virginie

55 ans au moment de l’incident


Lyon dans une chambre d'hôtel

18h

Seule

Je sortais de la douche





L'hôtel où je séjournais avait supprimé le tapis de sol pour faire des économies et en sortant de la douche, j'ai mis directement le pied sur le lino de la chambre.

Aprés la chute je ne pouvais plus bouger ni mes jambes ni mes orteils 5 secondes pendant lesquelles j'ai cru que j'étais paralysée. Voilà mon histoire!